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Naissance de l'écriture
Depuis le milieu du VIe siècle, on voit apparaître au Japon des
inscriptions sur pierre et métal au moyen de caractères idéographiques
empruntés à la Chine. L'idéogramme, le Kanji, en concrétisant
la parole condensait ainsi le savoir. Le Japon très naturellement adopta
cette écriture qui s'ajouta à la sienne, élaborée
dès le IXe siècle. L'écriture Kana avait atteint un graphisme
parfait. Elle évolua cependant selon deux formes distinctes : le Katakana
(71 syllabes), écriture relativement simple, horizontale ou verticale,
couramment utilisée pour les mots récents ; le Hiragana (71 syllabes),
plus artistique, écrit de haut en bas, servant de base à la grammaire.
Avec 2 000 idéogrammes, estime-t-on, on est un lettré ! Les Japonais
sont à juste titre fiers de leur langue, qui appartient à la famille
altaïque. L'écriture, quant à elle, doit selon la tradition
« courir sur le papier comme coule une eau vive ». Il n'y a ni genres
ni articles, ni présent ni futur, ou alors confondus, et les propositions
se soudent aux mots pour en faire ce que les spécialistes appellent,
d'un nom éloquent, une langue agglutinante. La transcription du japonais
selon le Romanji, universellement admis, a notablement aidé les étrangers.
Si les Japonais utilisent les chiffres arabes, les méthodes pour compter
sont nombreuses, car on ne dénombre pas les hommes, les jours et les
animaux de la même façon. Il existe également un langage
argotique. Les femmes usent de certains termes, ignorés des hommes. Trois
grands parlers se répartissent le territoire : celui de l'Est, qui va
de Tokyo au nord de Honshu ; celui de l'Ouest, sur la côte occidentale
et jusqu'à Shikoku, et le parler de Kyushu, au sud.